Une histoire de clé

“…they are the grandparents who pass the Return keys to their grandchildren in the dire refugee camps before slipping into the darkness of death”

« Il y a les grands parents qui transmettent La Clé à leurs petits enfants dans les camps de réfugiés avant de glisser vers l’obscurité de la mort »imgres

Cette phrase, avec sa grandiloquence moyen orientale, m’a été dite par un palestinien, sur un forum, qui évoquait la transmission symbolique de cette clé d’une maison abandonnée lors de la guerre d’indépendance de 1948.

Combien d’histoires ont été forgées en 70 ans pour donner à l’exil palestinien cette tournure romantique? Ces drames personnels ont évidemment eu lieu. Mais ne faut-il pas s’interroger sur la pertinence et les conséquences de cette transmission? Qu’apporte t-elle à la résolution du conflit israélo-arabe? La construction d’un récit palestinien destiné à justifier des revendications basées sur une soufrance authentifiée par des symboles n’est ni innocente, ni anodine. Concernant une population que rien ne distinguait de ses voisins arabes, Jordaniens, Syriens, Libanais, Egyptiens, il fallait, face à un adversaire juif, à la forte originalité et une Histoire unique, créér de façon urgente une mythologie palestinienne qui n’aurait pas été partagée avec ses voisins.

Impossible de puiser dans un folklore culinaire, musical, dans des légendes ancestrales, dans des noms de lieux ( souvent issus de l’hébreu ou du latin), rien de suffisamment original dans la population de la Palestine mandataire pour faire lien entre les réfugiés. Tant sur le plan des ethnies que du langage et des coutumes, les distinctions entre les palestiniens arabes et leurs voisins sont insignifiantes, à peine, au plus, celles entre deux provinces. Géographiquement, un filet d’eau sépare Jordanie et Cisjordanie, on passe de la Galilée au Liban sans changement de décor, Gaza est en parfaite continuité avec l’Egypte. Historiquement, la population arabe locale n’a jamais constitué un état indépendant, ni jamais revendiqué la moindre spécificité politique qui se serait arrêtée aux frontières réclamées par les Palestiniens. Tout cela ne fait pas grand chose pour fabriquer un peuple!

jerusalem_templeEn face, le peuple juif est riche d’une histoire millénaire sur cette Terre, de symboles associés au Temple, aux personnages, aux noms de lieux, aux batailles, à la géographie. Pas besoin d’invoquer des poètes contemporains pour chanter l’amour de cette Terre: « Si je t’oublie Jérusalem, que ma droite se dessèche… ». Pas besoin de support matériel pour se souvenir d’une « Terre où coule le lait et le miel ». Nous portons cela dans nos coeurs depuis plus de 2 000 ans.

Comme si inventer une légende palestinienne ne leur suffisait pas, les arabes ont cru bon de nier l’Histoire juive. A coup de bulldozers, de déclarations fracassantes, de thèse négationnistes, de révisions historiques, les liens multi-millénaires des juifs avec cette Terre ont été niés, dénigrés, bafoués, détournés, ignorés, détruits. Les monuments juifs ont été rasés, rebaptisés, interdits dans l’espoir nihiliste que ces gesticulations futiles changent quelque chose à la vérité historique.

Comme si cela ne suffisait toujours pas, des arguments racistes ont émergé. La couleurs des yeux, des cheveux, les caractéristiques ethniques de tels ou tels juifs arrivant en Israël ont été utilisées afin de réfuter leur appartenance au peuple juif. Peu importe qu’avec une telle analyse on avalisait par ailleurs les droits des juifs venus du monde arabe. Peu importe si de tels arguments, ridicules aux yeux de l’Histoire, étaient inutiles, personne ne soutenant que les juifs d’aujourd’hui n’avaient pas connu pendant 2 000 ans de pérégrination divers métissages, apports de convertis, évolutions diverses. Qui pourrait penser qu’un peuple dispersé pendant 2 000 ans conserverait une identité génétique intacte? Et qui veut croire que ce qui fait l’essence du peuple juif c’est son patrimoine génétique et non son attachement à une foi et un destin commun?

A partir de révisionnisme historique, de négationnisme, d’argument fallacieux et de destruction d’un patrimoine culturel incontestable le monde arabe a essayé de nier le lien qui existe entre peuple juif et sa terre d’Eretz Israël. Les foules arabes, incultes au mieux, volontiers négationnistes et adeptes des théories de la conspiration au pire, abreuvées d’un Coran qui dénigre les juifs ont sans la moindre difficulté accepté ces « preuves » d’un colonialisme juif infondé et injuste.

Mais visiblement, cela ne suffisait pas encore. Il fallait, avec en modèle plus ou moins conscient la construction du Verus Israël des chrétiens, substituer l’Histoire juive par celle des palestiniens. Et là on assiste à l’utilisation des fondements du sionisme récupérés à la sauce arabe comme  un exil et sa contrepartie une  loi du retour, on rebaptise les lieux comme le Mont du temple en esplanade des mosquées, on appelle Jésus de Galilée le Palestinien. Ni ridicule, ni anachronisme n’arrêtent cette reconstruction. Toutes les comparaisons les plus saugrenues sont autorisées, jusqu’à la plus abjecte celle de l’armée d’Israël aux forces nazies.

Et comme tout cela ne suffit pas encore on va nier les divers mouvements des populations arabes de la région en faisant semblant de croire à un ancrage millénaire des arabes autochtones de Palestine. Comme si on ne savait pas que les flux migratoires au gré des famines, des guerres ont été constants entraînant des brassages de populations attirées de tout l’empire ottoman dès que les juifs remirent en valeur ces terres.

Mais il en fallait davantage. Une preuve matérielle du récit palestinien. Pour moi, issu d’une famille d’Algérie, je certifie que je n’ai jamais eu besoin qu’un parent me montre la clé de sa maison pour que je sache qu’à peine parti de sa Terre natale les voisins arabes s’en sont emparée. J’affirme que je n’ai jamais vu une seule de ces clés. Pourtant, le récit du départ des juifs d’Afrique du nord ne fait pas l’ombre d’une mise en question.

Afin de nous souvenir de la destruction du Temple de Jérusalem, nous laissons dans nos maisons un carré de mur sans peinture. L’absence, ce vide est plus évocateur que cette clé palestinienne, il a maintenu en nous cet amour de Sion pendant 2 000 ans. Quel symbole: un vide nous rempli la tête de souvenirs historiques, pour les palestiniens un objet rempli leur tête du vide de leur Histoire!

Pourquoi donc la nécessité de ce symbole palestinien? Le récit de leur exil aurait-il donc quelque chance de s’oublier sans ce support matériel? De la fabrication de symboles à la négation de l’Histoire juive, il y a une constante: la faiblesse du récit arabe. Or cela ne peut être sans conséquence sur les solutions au problème palestinien. Que ce peuple soit une construction forgée pour rassembler le monde arabe contre Israël, n’a plus d’importance maintenant. L’existence d’une population avec une identité de 60 ans lui donne des droits. Mais ces droits n’ont aucune chance de se voir pleinement reconnaître tant que cette identité aura besoin de trouver sa légitimité dans la négation de celle du peuple juif.

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  1. #1 par Hohev Shalom le 3 décembre 2012 - 15 h 15 min

    Rien d’étonnant, l’islam est une théologie de la substitution depuis ses origines: le sacrifice d’Isaac devient celui d’Ishmaël, les Patriarches juifs, les rois d’Israël, Moïse deviennent des musulmans, le mont du Temple celui d’un rêve de Mohammed se transforme en esplanade des mosquées etc… Sans vergogne, tant est ancrée cette habitude de la récupération du patrimoine d’autrui, les palestiniens continuent aujourd’hui dans cette tradition: Arafat niant l’existence d’un Temple à Jérusalem, Abbas universitaire négationniste, pour finir avec Pallywood et ses mises en scène, Mohamed Al Dura, ses photos retouchées, ses photos empruntées à d’autres conflits, et cerise sur le gâteau la transformation de toute défaite en Victoire! Les arabes sont quand même les seuls dictateurs à faire gober à leurs foules crédules que le vainqueur d’une guerre, c’est celui qui se cache dans des bunkers encore 6 ans après avoir gagné la guerre!

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  2. #2 par Michel Akerman Israël le 4 décembre 2012 - 14 h 06 min

    Les foules ne sont pas incrédules, elles approuvent et soutiennent !
    Quant aux foules de l’Europe, Etats-Unis ou autres pays antisionistes, leur vieille haine millénaire vis à vis des Juifs s’accommode très bien des mensonges islamistes car leur lâcheté est de nouveau leur mode d’existence et le pétrole leur mode de chauffage et de locomotion. Le sort des Juifs et celui d’Israël passe bien entendu à la trappe comme on peut le constater chaque jour.
    Les fous d’Allah disparaitront comme ont disparus le communisme et le nazisme, Hanoucca est là après Shabbat pour nous le rappeler !

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    • #3 par adamharishon le 4 décembre 2012 - 16 h 16 min

      Le nazisme et le communisme sont des avatars de l’occident, de la chrétienté et donc de Rome et donc de Esau.
      Esau est jaloux de la bénédiction de Jacob, Israël.
      Le cas des « fous d’Allah » relève d’un autre conflit, d’une autre jalousie, celle de l’héritage d’Abraham.

      Dans un cas, c’est une guerre spirituelle, celle de Hanouka, des grecs. Celle où on veut faire disparaître le peuple juif pour ne plus l’entendre. Pour ne plus avoir à écouter cette parole du Sinaï qui dit que tous les hommes sont égaux, et qui énonce des lois morales insupportables. Encore une fois, dans les problèmes dit sociétaux, comme le mariage homosexuel( ah! la Grèce revient!) la voix juive dit ce que le monde ne veut pas entendre.

      Le conflit avec Ishmaël, est d’ordre territorial, ce qui n’est pas étonnant, puisque Ishmaël bénéficie aussi d’une bénédiction divine qui lui promet d’être un grand peuple. Mais la promesse de l’héritage territorial d’Abraham, d’Eretz Israël, n’est que pour Isaac.

      Ainsi nous nous trouvons au moment de l’histoire où les intérêts de nos ennemis, bien que différents se rejoignent dans la haine qu’ils nous vouent.

      Les palestiniens créent des symboles pour justifier leurs prétentions.
      Mais toute la symbolique des conflits en cours était déjà claire dans la Thora.

      Il est bien difficile de comprendre les événements présents sans cet éclairage.

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  3. #4 par Pierre le 5 janvier 2013 - 8 h 33 min

    Je souscris à ce beau texte et aux commentaires pertinents.

    Mon commentaire a pour but de rapporter une simple anecdote en rapport avec l’origine du sujet, cette histoire de clés.

    Dans mon travail, j’ai un collègue, algérien d’origine, qui me disait que dans la famille de son épouse été conservée la clé de la demeure abandonnée lors de la reconquista espagnole.

    Il ne m’a pas dit qu’ils en faisaient un support à une quelconque revendication de retour en Espagne.
    Même si je sais pertinemment que d’aucuns n’ont pas besoin de clés pour revendiquer la terre espagnole comme arabe.

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