Comment le Hezbollah libère ses otages

Scarlett Haddad est une journaliste inféodée au Hezbollah, du journal libanais L’orient le Jour. Ce journal de tendance libérale et plutôt anti hezbollah a ouvert ses colonnes a cette jounaliste, aouniste effrénée depuis plusieurs mois, elle y prend une importance de plus en plus grande, signe que le Liban a quelque mal avec la liberté d’expression. Elle décrit dans cet article la méthode du hezbolah pour répondre à une prise d’otage d’un de ses miliciens par l’armée syrienne libre. Méthode dont les israéliens devraient bien s’inspirer, mais leur morale ne le permet pas. Quant aux réprobations du monde s’ils agissaient ainsi, elles seraient comme d’habitude outrancières et négatives! Mais qui se soucie de la façon d’agir du Hezbollah?

Nasrallah-thats-all-folks

http://www.lorientlejour.com/article/898093/la-liberation-de-imad-ayad-ou-comment-negocier-avec-les-preneurs-dotages-.html

La libération de Imad Ayad, ou comment négocier avec les preneurs d’otages …

DÉCRYPTAGE
27/11/2014

Au moment où les familles des militaires pris en otage s’inquiètent sérieusement sur le sort réservé à ces derniers, le Hezbollah a réussi à obtenir la libération de Imad Ayad, enlevé il y a trois semaines dans la région du Qalamoun syrien par des éléments armés relevant de l’Armée syrienne libre. Pour les familles éplorées des militaires, la nouvelle de la libération de Imad Ayad a un goût amer parce qu’elle semble mettre en évidence la réussite du Hezbollah face à l’échec de l’État libanais puisque les militaires enlevés sont sur le point de commencer leur cinquième mois de détention. Mais le Hezbollah n’a certes pas voulu narguer qui que ce soit. Il a simplement voulu partager la joie d’avoir réussi à remettre en liberté un des siens, tout en faisant profiter ceux qui le souhaitent de sa façon de traiter avec les ravisseurs, en leur donnant une contrepartie acceptable et non disproportionnée. En même temps, le Hezbollah voulait montrer à son public et à ses partisans que la détermination de ne laisser aucun de ses hommes entre les mains des ravisseurs est aussi valable lorsque ceux-ci ne sont pas des Israéliens. Il avait d’ailleurs déjà libéré un des siens détenu en Égypte où il devait être jugé, après la chute de Moubarak, grâce à une opération militaire complexe.
Contrairement à ce qui a été dit dans la presse hier, les ravisseurs de Imad Ayad faisaient partie de l’Armée syrienne libre, et non du Front al-Nosra. C’est donc avec cette formation qu’ont commencé les négociations. Comme avec l’affaire des soldats libanais pris en otage, les négociations ont rapidement été entamées via un médiateur syrien. Mais l’ASL avait fixé la barre très haut. Elle réclamait ainsi en contrepartie de la libération de Imad Ayad, la remise en liberté de 20 de ses combattants détenus dans les prisons syriennes, l’évacuation par le Hezbollah et l’armée syrienne d’un village dans le jurd du Qalamoun pour qu’elle puisse assurer sa survie pendant les longs mois d’hiver, ainsi qu’une grosse somme d’argent. Dès qu’il a eu vent de ces conditions jugées inacceptables, le Hezbollah a décidé de couper court aux négociations. Une de ses troupes d’élite a aussitôt mis au point un plan très délicat et audacieux d’attaque d’une position de l’ASL dans le jurd du Qalamoun. L’attaque a eu lieu de plein jour et a permis au Hezbollah d’enlever deux responsables de l’Armée syrienne libre dans ce secteur. C’est alors qu’il a fait de nouveau appel au médiateur syrien pour reprendre les négociations, mais cette fois dans de meilleures conditions. De fait, les négociations n’ont pas duré longtemps, et en deux semaines l’accord était conclu : Imad Ayad serait relâché en contrepartie de la remise en liberté par le Hezbollah des deux responsables de l’ASL, Merhi Merhi et Merhef Abdel Ghani Rayes. Cela s’est donc passé dans la plus grande discrétion et, il faut le dire, avec la plus grande fermeté. Pour le Hezbollah, il n’était pas question de céder au chantage des ravisseurs et il considère donc qu’un de ses membres contre deux combattants du camp adverse est une équation acceptable. Les sources qui ont suivi de près les négociations précisent que les autorités concernées au sein de l’État libanais étaient tenues informées des développements, même s’il n’était pas question de mélanger les deux cas. D’une part, l’État libanais est responsable des négociations avec les ravisseurs des militaires enlevés et, d’autre part, ces militaires sont entre les mains d’al-Nosra et de Daech, alors que Imad Ayad était entre les mains de l’Armée syrienne libre.
En rendant publique la nouvelle de la libération de Imad Ayad, le Hezbollah n’a voulu ni attrister les familles des militaires enlevés ni pavoiser devant les autorités libanaises qui n’arrivent pas à mener leurs négociations à une fin heureuse. Il ne voit simplement pas de raison de maintenir une telle nouvelle secrète, alors que face à son public et à ses partisans il a une fois de plus montré sa crédibilité et sa détermination.
En même temps, le parti chiite a voulu donner une idée sur la façon de mener les négociations aux autorités libanaises dont la politique semble parfois un peu confuse dans ce dossier. Les preneurs des otages avaient par exemple réclamé à un certain moment 50 détenus dans la prison de Roumié contre la libération d’un seul militaire. C’est une équation illogique, d’autant qu’au final, ce sont les combattants, coincés dans un jurd inhospitalier, qui sont le plus en difficulté et qui ont besoin des négociations pour obtenir un allègement de leurs conditions de vie en hiver. Quand on pense par exemple qu’il y a une dizaine de jours l’armée libanaise avait arrêté un colonel de l’ASL, Abdallah Rifaï, dans la région de Ersal. Celui-ci aurait pu servir de monnaie d’échange, mais la justice l’a relâché il y a quelques jours. Dans un dossier aussi complexe et sensible, l’État libanais devrait utiliser toutes les cartes possibles, mais surtout cesser de prêter le flanc au chantage des ravisseurs, véhiculé à travers les médias et les familles des militaires enlevés. L’enlèvement des militaires est une affaire sérieuse qui ne touche pas seulement les familles de ces derniers. Elle concerne l’État tout entier, sa crédibilité et son prestige. Contrairement à ce que prétendent certains médias, le Hezbollah ne s’est jamais déclaré hostile à un échange de prisonniers, ni au sein du gouvernement ni dans les médias. Il sait parfaitement, pour l’avoir déjà essayé, qu’il y a un prix à payer pour que les négociations pour la libération des otages aboutissent, mais ce prix ne doit pas être exorbitant au point de mettre en cause l’autorité de l’État…

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